L’éthique des modèles animaux dans les essais précliniques

Le test préclinique est vital pour l’évaluation des profils de sécurité ainsi que pour l’efficacité potentielle des techniques thérapeutiques en développement. L’expérimentation animale est un des deux itinéraires généralement choisi dans l’étape préclinique ; tandis que l’autre itinéraire consiste à établir les tests sur les cellules humaines cultivées in vitro.
Alors que les scientifiques devraient fournir une justification solide au choix du model animal dans la méthodologie in vitro afin d’assurer que les modèles animaux sont uniquement utilisés dans les cas extrêmes. Le sujet de l’éthique de l’utilisation des modèles animaux demeure très controversé ; c’est ce qui nous amène à discuter le thème en profondeur et conclure sur la position actuelle prise par la communauté scientifique.

La question de la sensibilité chez les animaux Sous-tend le débat éthique.

Actuellement, les lois et les politiques qui réglemente l’utilisation des sujets animaux dans les essais scientifiques et médicaux se concentrent à tenter de trouver un équilibre entre le bénéfice de l’acquisition des connaissances et toute douleur ou souffrance causées aux animaux sujets d’essais. Cependant ; le processus de trouver un équilibre demeure difficile, puisque les gens ne se mettent d’accord ni sur la valeur de cet avantage ; ni sur le cout de la souffrance.
La science médicale est pilotée d’une part par la nécessité de continuer à développer nos offres thérapeutiques au profit d’un vaste nombre de maladies qui infligent l’humanité dans le but d’améliorer la qualité de vie et de la longévité ; en outre, cette nécessité de développer de nouveaux produits pharmaceutiques n’est toujours pas contestée. Par ailleurs, le processus par lequel cette fin est atteinte et débattue provoque la souffrance d’une espèce éthiquement acceptable s’il atténue la souffrance d’une autre.
En Europe ; l’expérimentation animale est considérée comme éthiquement acceptée uniquement dans les cas où l’on juge que les connaissances qui pourraient être requises par ce type d’expérimentation sont considérées comme pesant contre la souffrance causée ; mais comment peut-on mesurer cette souffrance ? et comment mesurer la valeur d’une information qui n’a pas encore été révélée ?
Il est donc difficile de trouver un équilibre entre l’évaluation de l’éthique des essais précliniques sur les sujets animaux, mais le centre du débat tourne toujours autours de la même question : les animaux doivent-ils être traités comme des sujets moraux ?
Alors que l’usage des modèles animaux dans les études précliniques modernes considèrent bien la santé et le bien-être de ceux-ci ; et ils ne le font que parce qu’ils sont en corrélation avec l’intérêt de l’homme à ce que les animaux en bonne santé puissent bénéficier du cours de la recherche.
Considérer les animaux comme ayant un statut moral implique que nous avons des devoirs directs envers eux ; et si l’on considérait les animaux comme étant des sujets moraux, l’équilibre deviendrait difficile davantage ; car cela suggérerait qu’il est moralement incorrecte de perdre la vie d’un animal quelque soit le bénéfice qu’il apporte à l’humanité. Il suggère également que c’est de notre devoir de prévenir la souffrance de tous les animaux (y compris les humains) de la même manière.
La question de savoir si les animaux doivent être traités comme des sujets moraux conduit souvent à la discussion sur les critères auxquels un animal doit répondre pour être considéré comme ayant un statut moral.
La sensibilité, la capacité de souffrir et les capacités cognitives supérieures sont souvent considérées comme des critères nécessaires pour qu’un animal soit considéré comme sujet moral.
Par contre, d’autres prétendent qu’indépendamment de ces facteurs, les humains n’ont aucune obligation morale envers les autres espèces, car ils ont avant tout une supériorité majeure ; ce concept est appelé spécisme .
Ceux qui soutiennent l’idée que l’humanité devrait en bénéficier quel qu’en soit le côut pour les autres espèces, font valoir les niveaux élevés de rationalité, de communication et de conscience de soi de l’humanité ; méritent cette position de supériorité. Cependant les opposants à ce concept contrent cet argument en soulignant que la rationalité, la communication et la conscience de soi réduites de certaines populations humaines comme les bébés par exemple ne les disqualifient pas du point de vue moral et que par conséquent, aucune autre espèce ne devrait être disqualifiée.

La technologie ; pourrait-elle mettre fin  à l’expérimentation animale ?

Alors que les avis des membres de la communauté scientifique varient considérablement quant à la question de savoir si les essais sur les animaux sont éthiques dans le cadre des essais précliniques ; il y a eu une acceptation générale de l’idée qu’un équilibre doit être trouvé et que l’expérimentation animale doit être évitée ; sauf si elle est absolument nécessaire à la poursuite du développement des médicaments et des vaccins susceptibles de sauver des vies ou d’améliorer la qualité de vie.
Ce besoin d’équilibre a conduit à demander aux scientifiques de fournir un argument solide en faveur de l’utilisation des animaux ; car ils doivent démontrer que les avantages des essais sur les animaux tel que la facilitation du développement d’un nouveau médicament susceptible d’améliorer sensiblement la qualité de vie d’un grand nombre de personnes, l’emportent sur les inconvénients , tels que la détresse et les dommages causés aux êtres vivants sur lesquels l’étude préclinique suggérée devrait porter.
A l’avenir, il est probable que l’expérimentation animale deviendra moins courante dans les essais précliniques à mesure que la technologie se développera, par exemple ; les nouvelles technologies émergentes telles que les organes sur puce et la modélisation informatique avancée peuvent fournir des pistes pour les essais précliniques qui permettent aux scientifiques de prévoir comment le corps humain réagira aux produits pharmaceutiques et à certains composés chimiques sans les introduire dans un être humain ou un animal vivant.

Ecrit par : Sara Moore

 News-Medical

 25 février 2021

  Traduit par : Mme Ali-Khodja Kaouthar- CRSP

Liens vers la version originale (ENG) :

https://www.news-medical.net/life-sciences/The-Ethics-of-Animal-Models-in-Preclinical-Testing.aspx